Six techniques pour surmonter ses angoisses

23/03/2015

Le contexte actuel multiplie les motifs d’inquiétude. Voici des méthodes simples qui permettent de gérer son stress.

Pas facile d’avouer ses peurs. A fortiori dans le cadre professionnel, où elles sont immédiatement assimilées à de la faiblesse. Et pourtant, jamais l’inquiétude n’a été aussi forte dans l’entreprise. Crise économique, obsession de la performance, abandon des repères collectifs… Tout concourt à amplifier les tensions, à alimenter l’anxiété, à multiplier les motifs d’incertitude. Intervenir en public, perdre son job, prendre une décision, étrenner de nouvelles fonctions : nous sommes tous exposés à ces sources d’appréhension. Mais nous savons plus ou moins bien composer avec elles. Ponctuelle ou récurrente, légère ou proche de la panique, inhibitrice ou motrice, individuelle ou collective, la peur est une émotion qui se surmonte.

Savoir identifier les facteurs déclenchants

"J’ai pu commencer à dompter mes angoisses à partir du moment où je les ai acceptées." Yann Gyssels, fondateur de Yakarouler.com, site marchand de pièces automobiles, a éprouvé le syndrome classique du primo-entrepreneur les premiers mois qui ont suivi la création de son entreprise. "Des fonds propres insuffisants, des débuts difficiles, une équipe envers laquelle on se sent redevable… J’avais la boule au ventre en permanence", témoigne-t-il. Pénible, mais peut-être bénéfique. La "trouille" est une émotion utile, voire salutaire. En jouant le rôle d’alarme contre le danger, le risque et l’adversité, elle nous maintient en état de veille. Mieux : elle nous rend attentif dans les situations d’apprentissage, met notre mémoire sous tension et nous mobilise en vue de l’action. A condition que nous soyons capable de l’accepter. "Reconnaître l’état de tension dans lequel on se trouve permet de reprendre en main la situation, analyse aujourd’hui Yann Gyssels. Après, seulement, on peut commencer à agir." S’il s’était enfermé dans le déni, il y a fort à parier que sa peur aurait fini par le paralyser.

Admettre sa peur est un premier pas. Il faut ensuite en comprendre l’objet, sinon elle va s’auto-alimenter, évoluer vers de l’angoisse, puis finir en panique. "Pour aider nos patients à comprendre ce qu’ils vivent, nous leur demandons d’effectuer un travail d’autoévaluation", explique Dominique Servant, psychiatre au CHU de Lille. L’exercice consiste à repérer les points de fixation de l’anxiété et à en faire la liste. De quoi ai-je peur exactement? De la mission dont on me donne la responsabilité ou de la personne qui me la confie ? D’être jugé ou d’échouer ? S’agit-il d’une appréhension ponctuelle ou récurrente ? Suis-je le seul à la ressentir ? Qu’est-ce qui la déclenche ? Comment s’exprime-t-elle ? Bref, il faut nommer ce dont on a peur et préciser ce qui provoque cette crainte pour qu’elle cesse d’être une émotion diffuse sur laquelle on n’a aucune prise.

“Défusionner” d’avec sa peur pour relativiser

Dépersonnaliser les enjeux pour se focaliser sur les dimensions objectives et techniques : cette recette, Pierre l’a appliquée alors que, cadre dirigeant dans l’événementiel, il s’est trouvé confronté à la "panique de sa vie". Son entreprise était mise en cause pour travail dissimulé. Invitée à venir se défendre dans une émission télévisée, sa direction l’a désigné comme porte-parole. Une "chance" qu’il a mal vécue. Car même si le délit reproché n’était pas le fait de sa société mais celui d’un sous-traitant, il était bien conscient de servir de bouclier à une hiérarchie incapable d’assumer ses responsabilités en montant elle-même au front. Du coup, il était tétanisé par le trac. Heureusement, coaché par la directrice de la communication et l’avocat de l’entreprise, il a réussi à dominer sa peur. "Pour chaque question susceptible d’être posée par les journalistes, je devais apprendre à multiplier les registres de réponse : juridique, moral, social, économique… Savoir que j’avais réponse à tout atténuait déjà mon angoisse. Mais il s’agissait aussi de garder de la distance : pour cela, je me suis attaché à la tactique, à la rhétorique et à l’argumentation." Cette approche est la bonne, insiste Pascal Domont, coach et dirigeant du cabinet Human K : "Il faut “défusionner” d’avec sa peur si l’on veut se débarrasser de toute surcharge émotionnelle. Prendre du recul permet aussi de considérer la situation sous d’autres angles et de relativiser."

Source: Capital.fr

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