Que faire quand vous n'êtes pas d'accord avec votre patron?

23/03/2015

S’opposer à sa hiérarchie est un exercice risqué. Mais si la situation l’exige et que vos arguments sont constructifs, votre courage sera porté à votre crédit. Alors, jouez finement !

Contredire son boss ? Autant démissionner tout de suite ! "Jamais je n’oserai", déclare ce responsable marketing de l’industrie au­to­mobile. "Une attitude suicidaire", estime l’un de ses collègues. Pas fous, les cadres?: l’an dernier, une étude américaine montrait qu’un salarié sur deux ne travaillait plus dans la même entreprise deux ans après s’être opposé ouvertement à sa hiérarchie… C’est dire si le challenge comporte des risques. "Au-delà de la peur de la sanction, il existe une réelle difficulté psychologique à s’élever contre son ­patron. Dire non à son supérieur, c’est se rebeller contre l’autorité paternelle", analyse Frédérique Deloffre-Vye , coach du cabinet Croissens Consulting. Bref, tout incite à rester sagement dans son coin, quitte à voir sa motivation s’émousser. S’opposer à son chef devrait pourtant être une attitude naturelle?: il est tout à fait normal d’avoir des divergences. Respectez quelques règles de base et vous saurez comment vous exprimer sans provoquer de conflit.

Evaluez la situation avant d’exprimer votre opinion

Monter au créneau pour manifester son désaccord, soit. Mais à quel prix ? Cette question, Gaëlle, conseillère clien­tèle professionnelle chez un fournisseur Internet, concède qu’elle aurait peut-être dû se la poser plus sérieusement avant de se retourner contre sa hiérarchie. Désapprouvant la stratégie de son entreprise, qui lui demandait de basculer le plus vite possible les appels des clients vers d’autres conseillers plutôt que de prendre en charge leur problématique de A à Z, la jeune femme l’a fait savoir sans ménagement à ses chefs. Résultat?: "Trois ans sans la moindre augmentation de salaire quand tous les autres progressent…", souffle-t-elle. Pour éviter ce genre de mauvaise surprise, dressez donc la liste des risques que vous encourez. De la simple moue réprobatrice à la rétrogradation en passant par la placardisation, vous réaliserez que la palette des réactions est très large, et peut même aller jusqu’aux… félicitations. Un exercice qui exige de sonder la psychologie de ses supérieurs, mais aussi de se renseigner sur les antécédents de l’entreprise.

A prendre en compte également, la taille et la culture de la structure dans laquelle vous évoluez. Le dialogue est souvent plus facile à établir dans une PME que dans une multinationale. "Avant de travailler pour Rosenthal, une PME de 1.000 personnes spécialisée dans la porcelaine, j’ai été salarié d’un grand groupe automobile, se remémore André Rodocanachi, directeur commercial export de cette entreprise allemande. Lorsqu’on voulait exprimer une opinion, il y avait un protocole à suivre. Aujourd’hui, c’est beaucoup plus simple." Une fois que vous avez mesuré jusqu’où vous pouvez aller, apprenez la modération. "Evitez de contester tout et n’importe quoi à longueur de temps?: il n’est jamais bon de passer pour le râleur de service. Et plus vos désaccords sont rares, plus ils sont pris en considéra­tion", analyse Jean-Claude Thoenig, chercheur en management au CNRS et coauteur du livre "Quand les cadres se rebellent" (Vuibert). Autrement dit : s’opposer à une orientation stratégique qui vous paraît nuire à l’entreprise ou s’élever contre une injustice, oui ; mais se rebeller pour une simple histoire de machine à café vétuste, no ?!

Source: Capital.fr

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