Le boom du coaching en orientation

27/02/2014

La question se pose, au moment des choix d'orientation, pour nombre de parents : faut-il ou non recourir aux services d'un coach ? Beaucoup de jeunes ont en effet du mal à trouver leur voie et à se dessiner un avenir professionnel. Et les "conseillers d'orientation-psychologues" (COP), effectuent certes un travail utile, mais ils ne sont pas assez nombreux, et souvent très éloignés du monde l'entreprise. Résultat, les cabinets privés et les organismes spécialisés se multiplient.

L'ennui, c'est qu'un coach coûte cher. Pouvoir ou non s'offrir les services d'un coach en orientation, cela introduit donc une nouvelle forme de discrimination entre les jeunes.

Autre problème, les résultats ne sont pas garantis. D'autant que le premier venu peut se prétendre coach, car la profession n'est pas réglementée. Le métier attire notamment beaucoup de cadres venus de l'entreprise. Résultat, si l'on trouve des professionnels sérieux et expérimentés, on peut aussi tomber sur d'autres peu compétents, voire sur d'authentiques charlatans.

Christine Lafond fait partie des professionnels reconnus. Diplômée d'une école de management (l'EM Normandie), elle a travaillé plus de vingt ans dans l'industrie et au sein de cabinets de conseil, avant de se former au coaching. Elle "accompagne" depuis près de deux ans des 16-25 ans - lycéens en classe de première, notamment -, le plus souvent envoyés par leurs parents, pour les aider à mieux se connaître et à identifier "leurs talents et leurs faiblesses". Elle intervient également dans son école d'origine, pour aider les élèves de troisième année à peaufiner leur projet professionnel. Elle exerce en indépendante, mais opère de plus en plus en réseau avec d'autres consultants. Pour se faire connaître, elle utilise le bouche à oreille, ainsi que son site web (JO Coaching).

"Les jeunes ont du talent. On ne le leur dit pas assez. Ce sont les parents qui, bien souvent, ne savent pas trouver les mots pour les motiver." Tel est le credo de Christine Lafond. "Je leur propose une démarche structurée pour les aider à réfléchir sur eux-mêmes et à cerner leurs objectifs personnels et professionnels, mais aussi pour améliorer leur confiance en eux, explique-t-elle. Beaucoup de jeunes ressentent le besoin de savoir qui ils sont, de mettre un nom sur leurs points forts, de se démarquer des autres... Ce sont des questions qui les angoissent beaucoup. Mon rôle consiste à les aider à se construire. Mais je ne suis pas là pour leur donner des conseils : cela ne marche pas. Ils n'ont pas envie qu'on leur dicte ce qu'ils doivent faire. Ce qu'ils apprécient, c'est de pouvoir prendre des responsabilités."

Au programme, une série de quatre séances d'environ une heure et demie chacune, assortie de deux tests : le fameux test de personnalité MBTI (Myers Briggs Type Indicator), et un autre axé sur les aptitudes professionnelles. Les trois premières séances se déroulent en tête à tête ; la dernière, en présence des parents, s'appuie sur un rapport écrit détaillé. Prix de l'ensemble : 520 euros. Une autre formule associe séances individuelles et en groupe, pour un coût un peu moindre. "Cela peut paraître onéreux, et ce n'est sans doute pas à la portée de toutes les bourses, reconnaît Christine Lafond. Mais c'est un vrai travail de fond, appuyé sur une méthodologie." Une démarche qu'elle a elle-même mise au point. "De son côté, l'Education nationale n'a pas les moyens ni le temps d'effectuer un travail aussi approfondi qu'un coach." Forcément, cela a un coût.

Des motivations variées

Les motivations des jeunes sont très diverses : certains n'ont aucune idée de ce qu'ils veulent faire, d'autres ont échoué à un examen, ou souhaitent changer de voie... Des cas difficiles ? "Cela arrive - mais je ne suis pas psychologue", prévient Christine Lafond.

"De façon générale, l'orientation a beaucoup progressé ces dernières années en France, même si l'information sur les métiers et les fonctions reste insuffisante, estime-t-elle. Mais on a tendance à orienter trop tôt les jeunes. Cela crée de la pression, chez eux comme chez les parents. La réflexion sur leurs centres d'intérêt n'a pas toujours lieu, et on ne parle guère de leurs talents. Ce qui peut les aider énormément à se projeter en confiance, c'est de construire, pas à pas, une passerelle entre leur vie de lycéen et leur vie professionnelle, et de faire en sorte qu'ils aient envie de traverser. Beaucoup d'actions sont possibles pour pour qu'ils effectuent sereinement cette traversée. Les stages, notamment, peuvent jouer un rôle capital - surtout s'ils sont prolongés par un partage d'expériences, qui permettra de faire remonter les apprentissages et d'élargir les connaissances. Créer de l'échange entre les jeunes et les professionnels est une des clefs."

Source: Le Monde Blog


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