Trois clés pour réussir un coaching

15/02/2014

Que ce soit en cabinet de conseil RH ou d’outplacement, ou encore à la direction d’entreprises, nous identifions 3 points clefs pour réussir un coaching de dirigeant. - Méthodologique : Le contrat de coaching - Opérationnel : La compréhension de la problématique réelle - Psychologique : La maîtrise des transferts

Le contrat de coaching (niveau méthodologique)

C'est un grand classique de toutes les méthodes et écoles de coaching et qui se décline en quatre points RPBD ;

1) Le contexte général de la mission ou l'énoncé de la Réalité (R)

2) La description de la Problématique motivant la mission (P)

3) L'explicitation du Besoin en réponse à cette problématique (B)

4) La Demande précise présentée au coach : "comment puis-je vous être utile ? (D)"

La compréhension de la problématique réelle (niveau opérationnel)

Le coaching de dirigeants est souvent motivé par la nécessité de mettre en place ou de prendre en compte des changements importants pour :

- Le dirigeant,

- L’entreprise,

- L’écosystème de la société.

Cela va de la prise en compte de nouvelles responsabilités, jusqu'à la modification du contexte social, de la réglementation ou encore de la situation concurrentielle ou du modèle économique.

Ces changements sont souvent l'occasion de réticences, voire de freins explicites ou cachés de la part des collaborateurs ou même de leurs managers. Le coaching devient alors une entreprise destinée à lever ces résistances.

Un psychologue américain d'origine allemande, Kurt Lewin, spécialiste de la psychologie sociale, a théorisé sur l'origine et le traitement de ces freins qu’il a classés en quatre attitudes :

1) Je ne vois pas le problème.

2) Je vois le problème, mais je ne comprends pas la solution.

3) Les points 1 et 2 sont acquis, mais je ne comprends pas comment mettre en oeuvre la solution proposée.

4) J'ai tout compris, mais je ne m'en sens pas capable.

À l’énoncé de ces quatre points de blocage, on comprend que :

- S’exprimer ouvertement sur les points 3 et 4, le pourquoi et le comment, pourra se faire en répondant par des informations, des formations, des organisations ou des processus adaptés. C'est le rôle du manager face à ses équipes.

- Par contre, les résistances 1 et 4, la non-compréhension du problème ou le doute en ses propres capacités à mettre en oeuvre la solution ne sont pas faciles à exprimer par un responsable. Elles peuvent remettre en cause sa situation dans l’entreprise.

Sur le plan psychologique, il n'est pas rare que ce cadre refoule ses réticences et ses interrogations.

De fait, il empêche leur traitement au niveau le plus adapté, et les transforme en freins de niveau 2 ou 3. Il ajoute ainsi à la confusion et rend plus difficile l'adhésion des collaborateurs dépendants de lui.

Il est difficile en tant que responsable, d’exprimer que l'on n'a pas compris ce qui est demandé ou que l'on ne se sent pas capable de le mettre en oeuvre.

Tout le savoir-faire et la finesse du coach vont consister en sa capacité à décrypter les messages cachés et comprendre les causes réelles du blocage. Il pourra ainsi aider le cadre à reprendre la main, restaurer sa confiance et lui permettre de gérer la situation.

La maîtrise des transferts (niveau psychologique)

La personne coachée et son coach sont dans une relation d'accompagnement qui va souvent évoluer vers un cadre psychologique basé sur des transferts réciproques.

Exemple classique : celui du coach en situation d’autorité.

Il arrive fréquemment que la personne en demande transfère sur lui, une image d'autorité qui lui est familière : celle d’un père, d’une mère, d’un professeur ou d’un mentor, etc. Cette situation est normale.

Les psychologues et les psychanalystes le savent bien. Ils travaillent des années pour bien comprendre et bien utiliser ces situations au bénéfice de leur client. Si l'image transférée est positive, l'analyste va bénéficier de la confiance attribuée à cette image d’autorité, le travail en sera grandement facilité.

En coaching, les mêmes situations se mettent en place. Il revient au coach, le soin de décrypter les signes de ce transfert et d’en comprendre sa nature et ses mécanismes.

Symétriquement, le coach en accompagnement, comme le psy en situation d’aide, va projeter sur la personne coachée, une représentation d’une personne qui compte pour eux et qui leur rappelle une situation analogue.

Si cette situation de transfert et de contre-transfert est maitrisée, le travail en bénéficiera et les avancées, pour le client, seront rapides.

Dans le cas contraire, les pièges étant nombreux, l’échec de la mission est à craindre.

Pour maitriser ce type de situation, il est indispensable d’avoir effectué un profond travail d’analyse de sa propre condition psychologique et d’avoir été confronté à cette mécanique du transfert et du contre-transfert à plusieurs reprises.

Attention

Avoir compris le mécanisme ne suffit pas pour l’identifier. La clé de la maitrise de cette question réside dans la confrontation avec un psy ou un coach référent qui aidera à analyser les tenants et les aboutissants. Il attirera notre attention sur les signes précurseurs de la mise en place de ce type de relation et nous guidera dans son évolution.

Si vous êtes à l'aise avec ces 3 fondamentaux, vous maîtrisez les bases d'un bon coaching.

 

Auteur : Jean-Louis ENNESSER  Source : Lesechos.fr

 

 


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