Recadrer un collaborateur : Ne rien remettre à plus tard

02/07/2013

Dire ce qui ne va pas à un collaborateur est loin d'être une démarche naturelle pour beaucoup de managers, la nature humaine étant plutôt hostile au conflit. "De manière générale, beaucoup de gens ont comme message intérieur 'Si tu veux être apprécié, sois gentil et fais plaisir' et rejettent donc les sources de tension", explique Michel Lora, fondateur de Gii et formateur chez Benchmark Group. "Le manager aura tendance à s'identifier à son managé, en se rappelant un épisode similaire qu'il aurait vécu par le passé", ajoute le consultant. Les risques de la politique de l'autruche Il est tentant de remettre à plus tard l'explication. Au risque de laisser s'accumuler les incidents. La situation ne pourra que se dégrader, le collaborateur ayant peu de chances de se corriger seul. La responsabilité de la situation, notamment si une intervention extérieure s'impose, reviendra alors au manager. Attention également aux remarques trop timorées : vous aurez l'impression d'être clair mais votre interlocuteur risque de ne pas comprendre le message. Tout sera alors à recommencer mais votre patience aura été entamée. "Le risque dans ce type de situation est d'être trop gentil, prévient Michel Lora. On plaint le collaborateur, on lui cherche des excuses en dénonçant le contexte et on prend le problème sur soi. On se place soi-même en sauveteur et son interlocuteur devient la victime. Il n'est donc pas incité à changer de comportement. Peu à peu, comme rien ne change, c'est le manager qui prend la place de la victime. Et quand il n'arrive plus à assumer, il se transforme souvent en persécuteur. On entre dans le triangle dramatique. C'est de l'anti-management." Agir vite ou agir tout de suite ? "Le manager aura tendance à se rappeler un épisode similaire qu'il aurait vécu par le passé" Une réaction rapide n'implique pas obligatoirement une réaction à chaud. Il est préférable de passer par un entretien, plus ou moins formel suivant ce à quoi est sensible le collaborateur et à quel moment il est le plus réceptif. Toutefois, la situation peut imposer une réaction immédiate, parce que l'équipe a été témoin du dérapage et qu'il faut marquer les esprits, ou parce que vous êtes particulièrement affecté et qu'il faut évacuer la tension au plus vite. "Prenons l'exemple du retard du collaborateur à une réunion. Si le manager est quelqu'un de très à cheval sur les horaires, un tel comportement peut le suragacer. S'il ne dit rien tout de suite, il risque de s'en prendre à lui plus tard, en pleine réunion, sur un point qui n'a rien à voir", analyse Michel Lora. Aborder le sujet tout de suite a alors un intérêt. A condition de se méfier de ses émotions. Par Michel Lora, fondateur de Gii, formateur chez Benchmark Group Source : Journal du net

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