Burn-out: les signes qui doivent vous alerter

23/02/2017

 

Les chiffres sont alarmants. Dans une étude publiée en avril 2014, le Bureau international du travail rappellait que 2,2 millions de travailleurs dans le monde mouraient chaque année dans le cadre de leur travail, à la suite d'un accident ou d'une maladie professionnelle, soit 5000 personnes par jour. 

Le burn-out n'est toujours pas reconnu comme maladie professionnelle, souligne Jean-Claude Delgènes, directeur du cabinet Technologia, dont l'Express avait publié en exclusivité les premiers résultats dans son dossier sur le syndrome d'épuisement professionnel (SEP). Pourtant, ce phénomène en augmentation constante depuis le début des années 1970, trouve son origine, "pour une part au moins, dans l'organisation même du travail", souligne le spécialiste. 

Des millions de salariés en danger donc, mais difficile néanmoins d'en dresser un profil type, tant les conditions de travail, d'organisation et de management varient d'un métier à un autre. Tant, également, "même si le SEP peut potentiellement toucher tout le monde, nous ne sommes pas tous à égalité face à ce risque: certains parviennent se protéger quand d'autres, à l'inverse, sont incapables de mettre à distance la sphère professionnelle qui va progressivement envahir la vie privée, jusque dans les rapports de couple", observe Jean-Claude Delgènes. Pour autant, ajoute-t-il, il existe un certain nombre de signes qui peuvent, qui doivent alerter le salarié - ou, à défaut, son entourage. 

Les manifestations physiques du burn out

Elles peuvent être extrêmement variées, allant du relativement bénin (crampes d'estomac) au risque vital, comme ce fut le cas pour Monique, 46 ans, secrétaire dans une organisation de congrès internationaux, victime d'un malaise cardiaque en 2009 et qui a été sauvée par... un médecin du travail présent sur place! 

Parmi les signes les plus précoces, les spécialistes notent surtout l'apparition de troubles du sommeil (insomnies de milieu ou de fin de nuit, difficultés d'endormissement...) qui conduisent en outre à la prise de somnifères. A quoi il faut ajouter des problèmes dermatologiques (allergies, psoriasis, démangeaisons), des douleurs diffuses ressemblant au syndrome de fatigue chronique ou plus localisées (lombalgies, cervicalgies, tendinites au coude ou à l'épaule), ou encore des céphalées, migraines, malaises ou vertiges

Les manifestations émotionnelles

Sentiment de découragement ou de tristesse, idées noires ou sentiment de persécution, voire angoisse envahissante: si les manifestations affectives qui précèdent le burn-out ne sont pas spécifiques en elles-mêmes, leur répétition et, surtout, leur accumulation "signe" en quelque sorte une situation à risques. Car "aujourd'hui, la toute-puissance du travail dévore le reste. L'époque où les temps sociaux s'articulaient est révolue, désormais ils s'entrelacent très étroitement jusqu'au former un continuum temporel. Un exemple: la moitié des cadres travaillent chez eux le week-end", observe Jean-Claude Delgènes 

Les manifestations cognitives

Le surinvestissement dans le travail n'est pas sans conséquences sur le fonctionnement même de notre cerveau. ……………

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