Vivre sa passion: Relevez le défi

09/10/2016


Vous avez un hobby ou un talent naturel chevillé au corps, mais vous hésitez à en faire un vrai métier. Pourtant, ceux qui s'y sont hasardés, en créant leur société ou en remodelant leur job, y ont gagné un surcroît d'énergie, de volonté et de fierté. Et si, vous aussi, vous releviez le défi ?

Depuis l'âge de 10 ans, Bertrand Debeuret pilote des modèles réduits d'avions télécommandés. «Pourtant, gamin, je n'aurais jamais imaginé faire de l'aéromodélisme mon métier. J'en suis surpris chaque jour : je vis de ma passion et je m'éclate !» Il a été dix ans journaliste automobile - sans lâcher son hobby - avant de sauter le pas en 2014 pour devenir opérateur de prises de vue par drone, à la tête de sa société, AIRbuzz. Aujourd'hui, Bertrand fournit des images aériennes à diverses émissions de télévision : Reportages (TF1), Secrets d'histoire (France 2), Capital (M6)... et ça marche !

Peu de cadres prennent ainsi le risque de s'investir à fond dans l'univers qui les fait vibrer, même s'ils en rêvent. Selon l'enquête menée en 2014 par Visa Europe auprès de 2.000 personnes, 18% des Français déclarent qu'ils aimeraient bien transformer leur hobby en activité professionnelle, mais 6% seulement ont tenté l'aventure. «Les gens que je reçois se sont montrés parfois trop raisonnables, constate Hervé Ludin, associé dans le cabinet d'outplacement Eos Conseil. Programmés pour une carrière, ils ont suivi des pistes logiques, sans oser la rupture ni essayer d'exprimer leur passion dans leur travail, de peur d'apparaître vulnérables.»

> 41 % des patrons de moins de 35 ans, et 28% des autres, placent la passion au premier rang de leurs motivations.

 L'ÂGE DE SES ENTHOUSIASMES

Tous les coachs l'affirment pourtant : un individu n'est jamais aussi engagé, créatif et efficace que lorsqu'il travaille sur un projet qui le captive. «La passion, c'est faire bien ce que l'on fait parce qu'on aime le faire, renchérit Jean-Michel Rolland, coach et enseignant-chercheur en management à l'Isen (école d'ingénieurs). Elle libère le processus menant à la performance et le potentiel de chacun. Et elle procure du même coup un sentiment de fierté qui renforce l'estime de soi.» Alors, comment concilier cet indispensable moteur avec le quotidien d'une vie professionnelle ?

Bonne nouvelle, il n'y a pas d'âge pour voir s'éveiller ses passions. Certaines se révèlent tôt, comme pour Bertrand Debeuret. D'autres sont plus tardives. Antoine Vu, cofondateur avec Gabriel Picard d'Atomic Soom (vidéos interactives), a découvert son attrait pour le cinéma d'animation au cours de ses études, à l'Institut de l'Internet et du multimédia.

Et puis, il y a celles qui mûrissent avec l'expérience. «Passé 35 ou 40 ans, on prend conscience de ce qui est important dans sa vie et la passion resurgit, avec plus d'intensité», observe Hervé Ludin. C'est d'ailleurs souvent l'âge des reconversions. Marc, à 43 ans, a ainsi délaissé son métier dans la finance pour devenir... conservateur des bibliothèques et auteur de romans historiques. Il a certes divisé par six son salaire au passage. Mais qu'importe : le regret aurait été trop fort, affirme cet écrivain aujourd'hui publié.

ET SI ON REDÉCOUVRAIT SON JOB ? 

Pour tous ceux qui n'ont ni l'audace ni l'opportunité de partir à la conquête de leurs rêves, une autre voie s'offre : rendre leur métier passionnant. «Quel que soit le poste occupé, on conserve toujours la possibilité d'y introduire des éléments qui redonnent l'envie de se lever le matin, souligne le psychologue clinicien Yves-Alexandre Thalmann. Le salarié construit alors sa passion en s'intéressant à son environnement.»

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Lisez la suite de l'article de Laurent Granier et Aurélie Derreumaux sur Management.fr

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